Au départ, nous partagions le rêve commun de mettre nos pas dans les Routes de la Soie.
La lecture des récits de voyage de Nicolas Bouvier, Ella Maillard, Robert Byron, Bruce Chatwin et des autres a confirmé nos utopies... On en a parlé autour de fromage et de saucisson, on a étalé sur le sol de linoléum noir du Cabanon une grande carte du monde, un atlas... nos doigts parcouraient les mers, les routes, les frontières... Nous devions partir, c’était devenu indispensable.
On y pensait souvent, sans trop savoir où partir, quand tout commencer, comment voyager, à pied, en Lada ou sur les mains ?
Au lendemain de la révolution orange d’Ukraine, l’idée d’un projet autour de l’anniversaire de l’implosion de l’URSS nous a paru évident. De là, notre projet « Eveils sur les routes de l’Est » s’est cristallisé pour donner naissance à un itinéraire. Notre « Route de la Soie » est devenue la Route de l’ex-Union Soviétique, une route froide et obscure. Une route faite de riz pilav, de vodka et de thé bouillant.
Partir vers l’URSS... certes mais pourquoi ? Nous ne pouvions partir pour partir, prendre une année sabbatique sans but et sans objectif. C’est ainsi, riches de nos précédents voyages humanitaires et en souvenir d’une fameuse soirée entre Khiva et Boukhara en Ouzbékistan, que les choses se sont imposées d’elles-mêmes : nous partirons pour comprendre et rencontrer nos voisins.
Cette route, notre route, est celle des jeunes et des peuples croisés. Cette route est leur route. Une route pour partager les rêves d’avenir et de liberté de nos voisins. Des libertés, de la Biélorussie au Turkménistan, souvent bafouées, oubliées. Parfois en éveils.
Alors, sur la route et chez nos voisins, nous célébrerons avec eux les 15 ans de la fin de l’URSS en traversant 15 pays.